Ambiance morose, ce matin, sur les places européennes : Paris recule de 0,5%, à 7 820 points, suivi par Francfort qui abandonne 0,90%. Londres fait à peine mieux et cède 0,4% dans un contexte de remontée des cours du pétrole et d'inquiétude sur la soutenabilité de la dette tricolore. Néanmoins, tout le secteur auto est à la fête, à l'instar de Renaut et Stellantis qui tirent le CAC 40 et s'arrogent 5%.
On avait abandonné le Brent hier autour de 98 USD le baril, on le retrouve ce matin autour de 101 USD. Une remontée qui pèse logiquement sur les actions européennes. Samer Hasn, Senior Market Analyst chez XS, pointe en effet le risque d'une escalade accrue et d'une reprise du conflit régional qui "s'est intensifié, menaçant à nouveau les infrastructures de production et d'exportation de brut ainsi que celles liées aux produits raffinés dans la région".
Par ailleurs, après une détente hier, les rendements obligataires repartent à la hausse, avec un 10 ans français qui remonte à 4,84% et un spread (soit l'écart avec le Bund de même échéance) qui gravite autour de 130 pb, soit à plus de 40 pb de son niveau de début septembre et à une dizaine de points de son plus haut depuis la crise de 2012.
La récente tension sur les obligations françaises s'est propagée à la dette de l'Union européenne. Le spread entre les obligations européennes à 10 ans et le Bund allemand est ainsi passé d'environ 39 points de base début septembre à 59 points le 5 octobre.
"Cette défiance s'explique principalement par trois facteurs : les besoins futurs de financement de l'Ukraine, les incertitudes entourant le prochain budget pluriannuel européen 2028-2034 et les difficultés budgétaires de plusieurs grands contributeurs, notamment la France", indique-t-on en substance chez UBS.
Les analystes estiment toutefois qu'à court terme, les risques restent limités. En effet, l'UE maintient son programme d'émissions pour 2026 à 180 MdsEUR et dispose d'importantes réserves de liquidités.
"Le marché semble récompenser l'intention affichée sur le déficit plus que la crédibilité de la trajectoire : un déficit proche de 5,4% du PIB et un plan d'économies de 54 MdsEUR à l'issue incertaine au Parlement restent les vrais sujets", ajoute-t-on chez TP ICAP Midcap.
Un agenda allégé et des valeurs en mouvement
Sur le front des marchés, l'indice parisien est tiré par une triade constituée de Renault ( 5,5%), Stellantis ( 5%) et Pernod Ricard ( 2,2%). En revanche, Société Générale (-2,7%), STMicro (-2,3%) et Veolia (-2%) ferment la marche.
Tout le secteur auto européen a le vent en poupe ce matin avec 4% pour VW et Volvo, ou 1,6% pour Mercedes et BMW.
Côté agenda, le programme du jour est plutôt léger : les intervenants se contenteront des stocks de pétrole aux USA (16h30), puis des minutes de la Fed, soit les procès-verbaux du dernier FOMC, attendues à 20h.
Dans l'actualité des valeurs, Air Liquide indique avoir levé 2 MdsEUR après sa journée investisseurs. Le produit net de l'émission sera utilisé par le spécialiste des gaz industriels pour le financement de ses besoins généraux ainsi que pour le refinancement de la dette.
Shell a publié ce matin ses prévisions financières et opérationnelles, globalement rassurantes pour le 3? trimestre 2026. La compagnie pétrolière et gazière britannique précise toutefois que ses perspectives restent indicatives et susceptibles d'ajustements d'ici la publication définitive de ses résultats trimestriels complets, prévue pour le 29 octobre 2026.
Enfin, Porsche a prévu de présenter sa stratégie "Sportwagenschmiede '35" à l'occasion de sa journée investisseurs. À moyen terme, l'entreprise vise une rentabilité opérationnelle comprise entre 10 et 15% et une marge de flux de trésorerie net de la division Automobile comprise entre 9 et 12%. Le seuil de rentabilité devrait se situer en dessous de 200 000 unités.
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